Règle de vie du Grand Séminaire Paul VI (partie 2)
vendredi 24 octobre 2008 by Séminaire Universitaire Paul VI
ORGANISATION DES MOYENS PRATIQUES
CHAPITRE PREMIER : LA FORMATION COMMUNAUTAIRE
Le Séminaire Universitaire Paul VI est l’instrument privilégié que se donne le Diocèse d’Abidjan pour former des prêtres selon les exigences de l’Evangile, réaffirmées par le Concile Vatican II et rappelées dans la première partie de cette règle de vie.
Comme instrument de formation, le Séminaire est avant tout un milieu, un cadre de vie communautaire où des jeunes gens qui veulent être prêtres trouvent une atmosphère favorable qui leur permet de répondre lucidement et librement à l’appel que Dieu leur adresse.
Unité de vie, semblable à une famille, le Séminaire en tant que centre de communion, trouve son équilibre dans un système harmonieux de relations intérieures et extérieures.
I/ RELATIONS INTERIEURES
Les protagonistes de ces relations intérieures à la vie du Séminaire sont les Evêques, les pères du Séminaire, les séminaristes, les pères des paroisses.
Les Evêques occupent au Séminaire la place qui leur revient dans leurs diocèses respectifs : ils sont au centre même de la vie du Séminaire dont ils sont les premiers responsables. Ils veillent sur la bonne marche de la Maison et sur le bien-être des séminaristes et des pères.
Au nom de tous les autres Evêques, l’Evêque responsable du clergé et des Séminaires est encore plus intimement mêlé à la vie du Grand Séminaire, ce qui lui donne l’occasion d’une connaissance plus approfondie des personnes, des choses et des événements du Séminaire. Mais la responsabilité des Evêques dans la formation des séminaristes est plus concrètement confiée à l’équipe des pères éducateurs. Au jour le jour, ces derniers assument une telle responsabilité en communion avec les Evêques et grâce à une collaboration de plus en plus étroite entre eux-mêmes. La collaboration entre les pères du Séminaire se réalise à toutes les nombreuses occasions que fournit la vie quotidienne, mais davantage encore au niveau de leur Conseil ; là ils étudient fraternellement tous les problèmes que posent la formation des séminaristes, convaincus de l’importance de leur manière de penser et d’agir pour le succès de la tâche que l’Eglise leur confie. (O.T 5 passim).
L’étroite collaboration entre les pères est un puissant facteur d’union entre eux et les séminaires. C’est pourquoi, au Séminaire Paul VI, pères et séminaristes ne cesseront d’entretenir et de promouvoir, en les améliorant toujours davantage, toutes les structures de rencontre qui leur permettent de réfléchir, de prier ou de travailler fraternellement, simplement et loyalement.
1. La table ronde est une réunion de toute la famille du Séminaire : elle regroupe père et séminaristes et se tient deux à trois fois par an. Elle permet de faire périodiquement le point de la marche générale de la maison et du fonctionnement des différents services communautaires.
On y procède aussi parfois à l’examen de sujets dont l’importance et (ou) l’urgence réclament une prise de conscience de la part de tous.
2. Le Conseil de Maison, c’est le conseil de famille : il comprend tous les pères, le doyen, le vice doyen et les délégués des cours. Il se réunit ordinairement tous les deux mois.
La compétence de ce conseil porte sur tous les points hormis les questions de personnes concernant la vie de la maison : budget, finances, calendrier, horaires, préparation pastorale… et autres sujets proposés par les pères ou les séminaristes.
Dans les matières où il est compétent, ce conseil a pouvoir de décision. Mais les membres de ce conseil auront à cœur de se prononcer toujours dans l’intérêt supérieur du bien de toute la communauté et non du groupe que chacun représente.
3. L’équipe est la dernière structure de rencontre entre pères et séminaristes. Elle veut promouvoir le sens de la responsabilité des séminaristes les répartissant en petits groupes où ils se sentent reconnus et acceptés, l’accomplissement de certaines tâches communes et leur autocritique affineront cette conscience de responsabilité et favoriseront toujours davantage l’intégration communautaire.
En dehors des structures de communion où pères et séminaristes se rencontrent, il y en a deux autres qui ne regroupent que les séminaristes au niveau de la promotion, et de l’ensemble de la maison.
4. La promotion se réunit surtout en début d’année pour choisir ses représentants dans les différents organismes de la maison et chaque fois que son avis est nécessaire sur un point quelconque de la vie communautaire.
L’ensemble des séminaristes se retrouve deux fois par semaine, pendant la récréation du milieu de la matinée. Cette réunion permet :
-De communiquer à tout le monde les nouvelles reçues des Anciens, des stagiaires, des absents…
-De donner des indications d’ordre pratique concernant le fonctionnement des différents services communautaires.
-D’aborder tout autre sujet touchant la vie quotidienne du Séminaire.
A cette occasion les séminaristes feront particulièrement preuve d’esprit communautaire par leur présence effective, leur respect et leur charité les uns envers les autres.
Au titre de leur sacerdoce, tous les prêtres sont partie prenante dans la formation des séminaristes : En général, leur vie d’exemple est le meilleur soutien d’une vocation sacerdotale ; mais d’une façon particulière, d’autres sont fréquemment sollicités pour prêcher des retraites ou récollection ou pour la formation pastorale sur le tas. Il va sans dire que les séminaristes entretiendront d’étroites relations avec leurs aînés dans le respect, dans la vérité et dans la simplicité.
II/ RELATIONS EXTERIEURES
Les structures de la vie communautaire sollicitent sans cesse le Séminariste à vivre dans la vérité ses relations à l’intérieur du Séminaire, il fera preuve de maturité en examinant avec responsabilité toutes ses relations extérieures à la lumière de sa vocation sacerdotale : il les vivra, elles aussi dans la vérité.
Pour favoriser la collaboration entre le Séminaire et la famille, les Séminaristes auront à cœur de présenter aux pères, notamment au Supérieur, leurs parents qui viennent les voir au Séminaire, de leur côté, les pères du Séminaire s’efforceront de visiter les familles des Séminaristes s’ils passent dans leurs paroisses.
Les Séminaristes restent en relation étroite avec leur famille et leur milieu d’origine. Les congés de Noël, de Pâques et les grandes vacances permettent d’exprimer ces liens de service, de collaboration et de communion.
Au cours de l’année scolaire, les besoins légitimes de sortie (démarches administratives, visites pour des problèmes familiaux) pourront être satisfaits le jeudi après-midi. Les Séminaristes devront avertir les responsables du Séminaire et rentrer pour la prière du soir. Les autres sorties sont considérées comme exceptionnelles et nécessitent l’accord préalable du Supérieur.
Les visites de parents et amis au Séminaire sont autorisées le dimanche. Les rencontres doivent se tenir exclusivement dans les pièces réservées à cet usage. Pour les repas, il faudrait toujours prévenir à l’avance en sachant que les places disponibles sont limitées. Interdiction absolue de recevoir les gens de l’extérieur dans les chambres personnelles.
III/ AGENTS DE RELATIONS HUMAINES
Au Séminaire, chacun doit se sentir responsable de la qualité de vie et se considérer comme un agent de relation ou de communion par son adhésion loyale et généreuse à la vie communautaire. Cette attitude se caractérisera notamment dans l’attention aux autres, dans l’exactitude, la ponctualité et l’assiduité aux activités communes.
Nommé par l’Archevêque d’Abidjan, le Recteur du Séminaire est essentiellement au service de la communion tant à l’extérieur qu’à l’intérieur de cette institution : la collaboration avec ses confrères et la docilité de ses jeunes frères faciliteront toujours son rôle de gardien et de promoteur de la communion fraternelle.
Le Doyen et le Vice Doyen choisis par toute la Maison respectivement parmi les Séminaristes des dernière et avant dernière années, sont eux aussi des hommes de communion : ils assurent naturellement le lien entre les pères et les Séminaristes d’une part, entre les Séminaristes eux-mêmes d’autre part. La compréhension des uns et des autres leur sera d’un grand secours dans l’accomplissement de leur délicate fonction.
Tous pères et Séminaristes puiseront à la double source, chrétienne et africaine, les vertus de simplicité, de confiance et de gaieté, pour en embaumer toute l’ambiance du Séminaire afin que chacun respirant de cette atmosphère puisse vraiment se dire qu’il fait bon pour des frères d’habiter ensemble.
Dans une telle atmosphère de bienveillance, les Séminaristes comprendront plus facilement combien il est nécessaire, dans une communauté, de respecter scrupuleusement l’exactitude comme une forme d’attention aux autres. Ils veilleront donc à se rendre au lieu d’un exercice communautaire dès le premier coup de cloche, ainsi, au deuxième, l’activité en question pourra effectivement commencer.
CHAPITRE DEUXIEME : LA FORMATION SPIRITUELLE
Cette ambiance de communauté fraternelle doit favoriser la formation spirituelle, doctrinale et pastorale des Séminaristes dont on ne soulignera jamais assez l’unité organique, existentielle.
Par le biais du cours de spiritualité et des exercices spirituels, le Séminaire insiste pour que les Séminaristes aient une vie spirituelle profondément personnelle.
La Messe et l’Office divin sont célébrés de façon communautaire chaque jour et considérés comme les points culminants de la rencontre journalière avec Dieu, liés à la prière de Jésus, en communion avec toute l’Eglise.
Les Séminaristes auront à cœur d’exprimer leur piété sous d’autres formes de prières communautaires, traditionnelles ou modernes, telles que le Salut au Saint Sacrement, le chapelet, le chemin de croix, les veillées de prières, les partages d’Evangile.
Il va sans dire que le chapelet en particulier doit être en honneur dans tout Séminaire. La dévotion mariale doit s’y exprimer aussi spontanément, jaillissant d’une authentique piété évangélique centrée sur le Christ.
Le Séminariste mettra tout en œuvre pour améliorer sans cesse la qualité de sa vie spirituelle personnelle, dont la profondeur et la constance sont les signes de cette maturité spirituelle, si indispensable à une foi adulte et à un apostolat fécond. Il saura alors prier seul lorsque la communauté ne prévoit rien. A un moment favorable de la journée, il aimera rencontrer fidèlement le Seigneur dans la méditation ou l’oraison.
Chaque Séminariste doit s’assurer dans son horaire personnel, une place de temps consacrée (soit seul, soit à plusieurs), au partage d’Evangile, à la révision de vie, à la visite au Saint-Sacrement, bref à toute rencontre souhaitable avec le Christ.
Les Equipes ont un rôle d’animation liturgique et une vocation d’approfondissement spirituel dans la vérité et dans l’amour mutuel. Le rôle d’animation liturgique, les Equipes l’assument de concert avec les responsables du chant sacré : les uns et les autres approfondissant leurs connaissances liturgiques et africaines feront preuve de créativité pour rendre plus chrétiennes, plus africaines et plus priantes less célébrations liturgiques.
Quant à sa vocation d’approfondissement spirituel chaque équipe tâchera de la réaliser selon son rythme propre, pourvu qu’elle soit tendue vers ce but et apporte, à la base, sa petite et constante contribution d’une communauté qui se veut plus vraie, plus fraternelle, pour que s’y épanouissent des personnes libres et mûres.
I/ L’ACCOMPAGNEMENT SPIRITUEL
La recherche de la vérité et de la libération intérieure se poursuit à un niveau beaucoup plus profond avec le Directeur spirituel.
Le Séminariste dès son entrée au séminaire choisi son Directeur spirituel. Dans l’intérêt même du Séminariste, il convient, il est même normal que son Directeur spirituel soit son Confesseur ordinaire.
Le Séminariste considérera son Directeur spirituel comme son compagnon sur la route de la perfection chrétienne et son guide dans la recherche du Christ qui l’appelle à un service spécial dans son Eglise. Pour lui, il n’aura pas de secret : la réussite de sa vie spirituelle, la lucidité et la liberté de sa réponse au Christ sont à ce prix. Aidé de son Père spirituel, il apprendra courageusement à se renoncer, à prendre sa croix pour mourir à ses vues purement humaines, à sa volonté, et à suivre Jésus qui n’a d’autre souci que d’accomplir la volonté du père. Il ne se dérobera pas dans les exigences de la vie évangélique, assuré qu’elles lui procureront la victoire dans la liberté et dans la joie.
Pour le sacrement de la réconciliation, il est souhaitable que chaque Séminariste adopte un rythme régulier (chaque mois par exemple), dans le but d’être toujours apte au service du Seigneur et de se conformer à ses exigences. Sans vouloir dispenser le Séminariste de prendre ses responsabilités, le Séminaire s’efforce à la fois d’organiser des cérémonies pénitentielles régulières et d’offrir la possibilité de confesseurs extraordinaires.
La lecture spirituelle, que le Père Supérieur (ou un autre père délégué) animera, se fera hebdomadairement aux Séminaristes réunis par année. Elle sera l’occasion de l’apprentissage d’un discernement spirituel de la vie du Séminaire et de tous les événements quels qu’ils soient. Elle sera toujours bien préparée par le responsable, pour être suivie avec fruit par les Séminaristes.
II/ LES RETRAITES ET RECOLLECTIONS
Au début et à la fin de l’année scolaire, au début des temps liturgiques, une récollection est organisée. Les retraites préparatoires aux ordinations et institutions sont également prévues… Ces temps privilégiés d’intimité avec le Seigneur seront particulièrement désirés et vécus avec disponibilité et ferveur.
A l’occasion de la retraite qui précède l’une ou l’autre étape du sacerdoce, le candidat approfondira spécialement le contenu spirituel de la démarche pour en vivre concrètement.
III/ LES ETAPES DE LA FORMATION :
La première de ces étapes est le rite d’Admission parmi les Candidats au Presbytérat. Elle se situe pour le Séminaire Paul VI, à la fin de la troisième année de Séminaire, au début des études proprement théologiques. L’Admis devra vivre plus généreusement sa réponse à l’appel du Seigneur en acquérant effectivement la compétence propre au service presbytéral et en développant en lui, la ferme disposition de suivre le Christ et son Eglise.
La deuxième c’est le lectorat, qui se situe dans le courant de la première année du cycle théologique. Le lecteur se nourrira avidement de la Parole de Dieu et se laissera former par Elle dans l’Esprit.
La troisième est l’Acolytat. Cette institution se confèrera en deuxième année du cycle Théologique. Institué pour le service de l’Eucharistie, l’Acolyte témoignera un amour vrai pour le Saint Sacrement et pour le Corps du Christ, qui est le Peuple de Dieu, surtout pour les malades et les pauvres.
La quatrième nous amène au Diaconat qui sera conféré au terme de la dernière année de théologie. Le Diacre vit de la spiritualité du serviteur, dont le zèle et les initiatives jaillissent continuellement de l’attachement et de la fidélité au Christ ainsi que de la soumission à son Evêque. Il doit alors exprimer sa maturité à tous les points de vue, en attendant qu’on lui confie la charge presbytérale.
CHAPITRE TROISIEME : LA FORMATION INTELLECTUELLE
La durée des études au Séminaire Universitaire Paul VI est de six ans, hormis l’année du stage pastoral : trois ans de philosophie et trois ans de théologie.
Cette formation intellectuelle est assurée par l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest qui dispense un enseignement répondant aux soucis et aux aspirations des évêques de la CERAO.
I/ LA FORMATION PHILOSOPHIQUE :
La formation Philosophique s’étend sur trois (3) ans et est sanctionnée par les Diplômes du DEUG et de la Licence. Elle répond au souci ecclésial de la formation des formateurs de la foi, la complémentarité de la Philosophie et de la Théologie ayant toujours marqué l’Histoire de la formation intégrale de l’Homme dans l’Eglise. Le Pape Jean-Paul II ne le souligne t-il pas quand il dit : « La Foi et La Raison sont comme deux ailes qui permettent à l’esprit humain de s’élever vers la contemplation de la vérité » (Fides et Ratio).
Elle vise d’une part
à donner aux étudiants une solide culture philosophique par une bonne maîtrise de l’histoire de la philosophie et la connaissance des grands courants philosophiques actuels,
-à lui faire acquérir un habitus critique par une méthode d’analyse rigoureuse et de synthèse la plus objective possible,
-à le sensibiliser à la problématique existentielle de la société africaine d’aujourd’hui pour y porter un regard critique eu égard à son passé et à son devenir.
D’autre part, elle voudrait répondre à l’appel de l’Eglise qui se systématise à travers celle de Jean Paul II dans son Encyclique Fides et Ratio : « Retrouver dans les sillages d’une tradition philosophique constante et valable, les qualités de Sagesse authentique et de Vérité, y compris métaphysique de la pensée philosophique… (Éclairer) les divers champs de l’activité humaine par l’exercice d’une raison qui se fait d’autant plus sûre et perspicace qu’elle reçoit le soutien de la foi. »(Fides et Ratio n°106).
II/ LA FORMATION THEOLOGIQUE :
La formation Théologique s’étend sur trois (3) ans. Elle a pour objectif de promouvoir la recherche théologique en vue d’incarner et approfondir le message évangélique en terre africaine, à travers les cours, les séminaires et les travaux pratiques.
Elle valorise les élaborations théologiques où les dimensions biblique, dogmatique, patristique, historique, liturgique, pastorale, spirituelle sont en lien avec les données des sciences humaines.
Elle a pour souci de former des théologiens capables d’enraciner et de mûrir la bonne nouvelle du Salut dans la réalité africaine.
Ce premier cycle est organisé de telle sorte que les étudiants aient une formation théologique unifiée et complète, qui embrasse tout le contenu de la doctrine catholique.
L’enseignement académique s’articule autour de trois axes, qui tentent de distinguer les différentes matières, pour mieux les unir dans un effort de recherche et de réflexion plus organisé.
D’abord, les cours d’initiation introduisent l’étudiant à la réflexion théologique.
Ensuite, les cours fondamentaux posent les fondements théologiques, susceptibles d’aider à approfondir, en référence essentielle à la réalité africaine et à certaines questions spécifiques.
Et enfin les travaux de recherche permettent à l’étudiant d’apprendre concrètement des investigations qui engagent à une pratique théologique immédiate.
L’étude des langues bibliques s’étend sur deux années, elles constituent un instrument d’investigation de la parole de Dieu en vue de sa fidèle interprétation dans les langues africaines.
La troisième année est consacrée à l’approfondissement de la réflexion théologique en lien avec les réalités africaines des matières principales déjà étudiées et à la rédaction d’un mémoire en vue du Bac Théologique. En troisième année, on pose explicitement la problématique de l’inculturation et dans la recherche et dans les applications pastorales.
-Les Séminaristes n’oublieront cependant pas que
toute cette masse d’informations intellectuelles leur sera inutile s’ils ne cherchent pas, dès la première année, à se doter d’une solide méthode de travail personnel, qui leur permettra d’aller droit à l’essentiel pour l’assimiler en profondeur.
-Grâce au contact assidu avec les professeurs ils
apprendront à organiser et à utiliser au mieux leur temps pour maîtriser leur travail. L’assimilation intellectuelle dont dépend l’essentiel des convictions humaines et spirituelles qui les soutiendront toute leur vie, demande du temps et beaucoup de temps, aussi auront-ils soin de demeurer sur place, de façon stable et permanente. Qu’ils sachent profiter des temps libres pour se mettre à jour ou approfondir tel ou tel aspect de leur formation.
Par le silence, chacun s’ingéniera à créer le climat favorable au travail intellectuel, il sera méticuleusement gardé dans les chambres, lieux de travail et de repos, et non de recréation.
Une bonne méthode de travail intellectuel suppose aussi une bonne manière de se détendre l’esprit pour l’aérer et le rendre plus réceptif encore. C’est pourquoi le sport a sa place dans l’horaire et que chaque Séminariste est invité à pratiquer telle ou telle discipline. C’est une nécessité de sortir de sa chambre pour prendre de l’air. Il y a un temps pour étudier, il y a un temps pour dormir. Il y a un temps pour jouer : voilà la bonne méthode.
CHAPITRE QUATRIEME : LA FORMATION PASTORALE
I/ LES ACTIVITES PASTORALES ORDINAIRES
- L’un des soucis des Grand Séminaire de Côte d’Ivoire est
de donner aux Séminaristes une formation pastorale aussi complète que possible. Formation à la fois théorique et pratique. En effet, il ne suffit pas aux Séminaristes de s’exercer de façon théorique à l’art de l’apostolat. Il est absolument nécessaire qu’il y ait la pratique sur le terrain. C’est pourquoi une fois par semaine, les Séminaristes vont poursuivre leur formation pastorale dans les paroisses d’Abidjan.:
-Ces activités qui ne devront jamais être considérées comme un passe temps, ou des occasions d’évasion, devront être exercées METHODIQUEMENT sous la conduite et le CONTROLE PERMANENT du responsable de la paroisse ou de l’aumônier.
-Les Séminaristes s’engagent dans ces activités en vue de se former, d’où la nécessité d’une entière disponibilité à la formation, qualité première de tout disciple. Les Séminaristes considéreront les activités pastorales comme lieu privilégié d’écoute des autres, et de dialogue, et comme une école de formation pastorale qui leur permettra de toucher du doigt les problèmes de notre monde à évangéliser. Ils devront mettre ces moments à profit pour développer leurs aptitudes d’ouverture au monde.
-Ces activités seront préparées avec soin. Aussi, un temps est-il aménagé à cette fin. Il est à utiliser pleinement par chaque groupe qui mettra son point d’honneur à soigner son enseignement, à parfaire ses rencontres, ses réunions.
Pour ce faire, les Séminaristes se retrouveront par groupe :
- Première année de catéchisme
- Deuxième année de catéchisme
- Troisième année de catéchisme
- Quatrième année de catéchisme
- Apostolat dans les prisons
- Apostolat dans les hôpitaux
- Aumônerie des Mouvements d’Action Catholique.
Les prêtres responsables de la formation pastorale au Grand
Séminaire superviseront l’ensemble des groupes et les aideront à réfléchir sur ce qui est fait et sur ce qui reste à faire. Ils sauront prendre des initiatives qui favoriseront les échanges avec les curés de paroisses et l’harmonie dans le travail et la formation des Séminaristes.
Dans leurs rencontres avec les curés de paroisse et les pères responsables de la formation pastorale, les Séminaristes spontanément rendront compte de leur mission, souligneront les difficultés rencontrées exposeront les succès et feront des suggestions qui seront entièrement laissées à l’appréciation des responsables .Ils devront prendre conseil auprès des responsables de paroisse avant d’entreprendre quoi que ce soit (création d’un groupe ; visites aux paroissiens ; etc.) Il va sans dire que toutes ces activités ne porteront des fruits véritables que si elles sont accomplies dans un esprit de foi et portées dans la prière.
II/ LE STAGE PASTORAL :
SORTIR DELIBEREMENT, OU PAR INSOUCIANCE, OU PAR PARESSE DE L’ESPRIT QUI ANIME CE CHAPITRE SUR LA PASTORALE C’EST EXPRIMER SON DESIR ET SA VOLONTE DE CHANGER D’ORIENTATION.
CHAPITRE CINQUIEME : AU SERVICE DE LA VIE MATERIELLE QUOTIDIENNE
Pour s’occuper de la vie matérielle du Séminaire, l’Archevêque d’Abidjan nomme un économe. Il a la responsabilité globale de la vie matérielle de la Maison et gère les fonds mis à sa disposition.
Les Séminaristes verront aussi dans l’Econome un frère chargé de les aider à prendre effectivement leur part de responsabilité dans la vie matérielle de la Maison, dans le domaine de l’entretien et de la production. Ainsi, en toute simplicité, ils accompliront tous les travaux d’entretien du matériel, du mobilier et de la maison elle-même ; ils la maintiendront dans un état continuel de propreté. Ils s’occuperont spontanément du blanchissage de leurs propres linges. Ils considéreront de ce fait le travail manuel comme un moyen privilégié pour participer activement et dignement à la vie d’une maison qui n’a en propre d’autres ressources que les bras de ses fils. Cette prise en main de la vie matérielle de la maison par les Séminaristes, pourra conduire certains d’entre eux à entreprendre et mener à bien des travaux de production de denrées alimentaires par exemple. Négliger habituellement le travail manuel peut être considéré comme un manque de sens du bien commun et un signe assez évident d’une vocation douteuse.
CHAPITRE PREMIER : LA FORMATION COMMUNAUTAIRE
Le Séminaire Universitaire Paul VI est l’instrument privilégié que se donne le Diocèse d’Abidjan pour former des prêtres selon les exigences de l’Evangile, réaffirmées par le Concile Vatican II et rappelées dans la première partie de cette règle de vie.
Comme instrument de formation, le Séminaire est avant tout un milieu, un cadre de vie communautaire où des jeunes gens qui veulent être prêtres trouvent une atmosphère favorable qui leur permet de répondre lucidement et librement à l’appel que Dieu leur adresse.
Unité de vie, semblable à une famille, le Séminaire en tant que centre de communion, trouve son équilibre dans un système harmonieux de relations intérieures et extérieures.
I/ RELATIONS INTERIEURES
Les protagonistes de ces relations intérieures à la vie du Séminaire sont les Evêques, les pères du Séminaire, les séminaristes, les pères des paroisses.
Les Evêques occupent au Séminaire la place qui leur revient dans leurs diocèses respectifs : ils sont au centre même de la vie du Séminaire dont ils sont les premiers responsables. Ils veillent sur la bonne marche de la Maison et sur le bien-être des séminaristes et des pères.
Au nom de tous les autres Evêques, l’Evêque responsable du clergé et des Séminaires est encore plus intimement mêlé à la vie du Grand Séminaire, ce qui lui donne l’occasion d’une connaissance plus approfondie des personnes, des choses et des événements du Séminaire. Mais la responsabilité des Evêques dans la formation des séminaristes est plus concrètement confiée à l’équipe des pères éducateurs. Au jour le jour, ces derniers assument une telle responsabilité en communion avec les Evêques et grâce à une collaboration de plus en plus étroite entre eux-mêmes. La collaboration entre les pères du Séminaire se réalise à toutes les nombreuses occasions que fournit la vie quotidienne, mais davantage encore au niveau de leur Conseil ; là ils étudient fraternellement tous les problèmes que posent la formation des séminaristes, convaincus de l’importance de leur manière de penser et d’agir pour le succès de la tâche que l’Eglise leur confie. (O.T 5 passim).
L’étroite collaboration entre les pères est un puissant facteur d’union entre eux et les séminaires. C’est pourquoi, au Séminaire Paul VI, pères et séminaristes ne cesseront d’entretenir et de promouvoir, en les améliorant toujours davantage, toutes les structures de rencontre qui leur permettent de réfléchir, de prier ou de travailler fraternellement, simplement et loyalement.
1. La table ronde est une réunion de toute la famille du Séminaire : elle regroupe père et séminaristes et se tient deux à trois fois par an. Elle permet de faire périodiquement le point de la marche générale de la maison et du fonctionnement des différents services communautaires.
On y procède aussi parfois à l’examen de sujets dont l’importance et (ou) l’urgence réclament une prise de conscience de la part de tous.
2. Le Conseil de Maison, c’est le conseil de famille : il comprend tous les pères, le doyen, le vice doyen et les délégués des cours. Il se réunit ordinairement tous les deux mois.
La compétence de ce conseil porte sur tous les points hormis les questions de personnes concernant la vie de la maison : budget, finances, calendrier, horaires, préparation pastorale… et autres sujets proposés par les pères ou les séminaristes.
Dans les matières où il est compétent, ce conseil a pouvoir de décision. Mais les membres de ce conseil auront à cœur de se prononcer toujours dans l’intérêt supérieur du bien de toute la communauté et non du groupe que chacun représente.
3. L’équipe est la dernière structure de rencontre entre pères et séminaristes. Elle veut promouvoir le sens de la responsabilité des séminaristes les répartissant en petits groupes où ils se sentent reconnus et acceptés, l’accomplissement de certaines tâches communes et leur autocritique affineront cette conscience de responsabilité et favoriseront toujours davantage l’intégration communautaire.
En dehors des structures de communion où pères et séminaristes se rencontrent, il y en a deux autres qui ne regroupent que les séminaristes au niveau de la promotion, et de l’ensemble de la maison.
4. La promotion se réunit surtout en début d’année pour choisir ses représentants dans les différents organismes de la maison et chaque fois que son avis est nécessaire sur un point quelconque de la vie communautaire.
L’ensemble des séminaristes se retrouve deux fois par semaine, pendant la récréation du milieu de la matinée. Cette réunion permet :
-De communiquer à tout le monde les nouvelles reçues des Anciens, des stagiaires, des absents…
-De donner des indications d’ordre pratique concernant le fonctionnement des différents services communautaires.
-D’aborder tout autre sujet touchant la vie quotidienne du Séminaire.
A cette occasion les séminaristes feront particulièrement preuve d’esprit communautaire par leur présence effective, leur respect et leur charité les uns envers les autres.
Au titre de leur sacerdoce, tous les prêtres sont partie prenante dans la formation des séminaristes : En général, leur vie d’exemple est le meilleur soutien d’une vocation sacerdotale ; mais d’une façon particulière, d’autres sont fréquemment sollicités pour prêcher des retraites ou récollection ou pour la formation pastorale sur le tas. Il va sans dire que les séminaristes entretiendront d’étroites relations avec leurs aînés dans le respect, dans la vérité et dans la simplicité.
II/ RELATIONS EXTERIEURES
Les structures de la vie communautaire sollicitent sans cesse le Séminariste à vivre dans la vérité ses relations à l’intérieur du Séminaire, il fera preuve de maturité en examinant avec responsabilité toutes ses relations extérieures à la lumière de sa vocation sacerdotale : il les vivra, elles aussi dans la vérité.
Pour favoriser la collaboration entre le Séminaire et la famille, les Séminaristes auront à cœur de présenter aux pères, notamment au Supérieur, leurs parents qui viennent les voir au Séminaire, de leur côté, les pères du Séminaire s’efforceront de visiter les familles des Séminaristes s’ils passent dans leurs paroisses.
Les Séminaristes restent en relation étroite avec leur famille et leur milieu d’origine. Les congés de Noël, de Pâques et les grandes vacances permettent d’exprimer ces liens de service, de collaboration et de communion.
Au cours de l’année scolaire, les besoins légitimes de sortie (démarches administratives, visites pour des problèmes familiaux) pourront être satisfaits le jeudi après-midi. Les Séminaristes devront avertir les responsables du Séminaire et rentrer pour la prière du soir. Les autres sorties sont considérées comme exceptionnelles et nécessitent l’accord préalable du Supérieur.
Les visites de parents et amis au Séminaire sont autorisées le dimanche. Les rencontres doivent se tenir exclusivement dans les pièces réservées à cet usage. Pour les repas, il faudrait toujours prévenir à l’avance en sachant que les places disponibles sont limitées. Interdiction absolue de recevoir les gens de l’extérieur dans les chambres personnelles.
III/ AGENTS DE RELATIONS HUMAINES
Au Séminaire, chacun doit se sentir responsable de la qualité de vie et se considérer comme un agent de relation ou de communion par son adhésion loyale et généreuse à la vie communautaire. Cette attitude se caractérisera notamment dans l’attention aux autres, dans l’exactitude, la ponctualité et l’assiduité aux activités communes.
Nommé par l’Archevêque d’Abidjan, le Recteur du Séminaire est essentiellement au service de la communion tant à l’extérieur qu’à l’intérieur de cette institution : la collaboration avec ses confrères et la docilité de ses jeunes frères faciliteront toujours son rôle de gardien et de promoteur de la communion fraternelle.
Le Doyen et le Vice Doyen choisis par toute la Maison respectivement parmi les Séminaristes des dernière et avant dernière années, sont eux aussi des hommes de communion : ils assurent naturellement le lien entre les pères et les Séminaristes d’une part, entre les Séminaristes eux-mêmes d’autre part. La compréhension des uns et des autres leur sera d’un grand secours dans l’accomplissement de leur délicate fonction.
Tous pères et Séminaristes puiseront à la double source, chrétienne et africaine, les vertus de simplicité, de confiance et de gaieté, pour en embaumer toute l’ambiance du Séminaire afin que chacun respirant de cette atmosphère puisse vraiment se dire qu’il fait bon pour des frères d’habiter ensemble.
Dans une telle atmosphère de bienveillance, les Séminaristes comprendront plus facilement combien il est nécessaire, dans une communauté, de respecter scrupuleusement l’exactitude comme une forme d’attention aux autres. Ils veilleront donc à se rendre au lieu d’un exercice communautaire dès le premier coup de cloche, ainsi, au deuxième, l’activité en question pourra effectivement commencer.
CHAPITRE DEUXIEME : LA FORMATION SPIRITUELLE
Cette ambiance de communauté fraternelle doit favoriser la formation spirituelle, doctrinale et pastorale des Séminaristes dont on ne soulignera jamais assez l’unité organique, existentielle.
Par le biais du cours de spiritualité et des exercices spirituels, le Séminaire insiste pour que les Séminaristes aient une vie spirituelle profondément personnelle.
La Messe et l’Office divin sont célébrés de façon communautaire chaque jour et considérés comme les points culminants de la rencontre journalière avec Dieu, liés à la prière de Jésus, en communion avec toute l’Eglise.
Les Séminaristes auront à cœur d’exprimer leur piété sous d’autres formes de prières communautaires, traditionnelles ou modernes, telles que le Salut au Saint Sacrement, le chapelet, le chemin de croix, les veillées de prières, les partages d’Evangile.
Il va sans dire que le chapelet en particulier doit être en honneur dans tout Séminaire. La dévotion mariale doit s’y exprimer aussi spontanément, jaillissant d’une authentique piété évangélique centrée sur le Christ.
Le Séminariste mettra tout en œuvre pour améliorer sans cesse la qualité de sa vie spirituelle personnelle, dont la profondeur et la constance sont les signes de cette maturité spirituelle, si indispensable à une foi adulte et à un apostolat fécond. Il saura alors prier seul lorsque la communauté ne prévoit rien. A un moment favorable de la journée, il aimera rencontrer fidèlement le Seigneur dans la méditation ou l’oraison.
Chaque Séminariste doit s’assurer dans son horaire personnel, une place de temps consacrée (soit seul, soit à plusieurs), au partage d’Evangile, à la révision de vie, à la visite au Saint-Sacrement, bref à toute rencontre souhaitable avec le Christ.
Les Equipes ont un rôle d’animation liturgique et une vocation d’approfondissement spirituel dans la vérité et dans l’amour mutuel. Le rôle d’animation liturgique, les Equipes l’assument de concert avec les responsables du chant sacré : les uns et les autres approfondissant leurs connaissances liturgiques et africaines feront preuve de créativité pour rendre plus chrétiennes, plus africaines et plus priantes less célébrations liturgiques.
Quant à sa vocation d’approfondissement spirituel chaque équipe tâchera de la réaliser selon son rythme propre, pourvu qu’elle soit tendue vers ce but et apporte, à la base, sa petite et constante contribution d’une communauté qui se veut plus vraie, plus fraternelle, pour que s’y épanouissent des personnes libres et mûres.
I/ L’ACCOMPAGNEMENT SPIRITUEL
La recherche de la vérité et de la libération intérieure se poursuit à un niveau beaucoup plus profond avec le Directeur spirituel.
Le Séminariste dès son entrée au séminaire choisi son Directeur spirituel. Dans l’intérêt même du Séminariste, il convient, il est même normal que son Directeur spirituel soit son Confesseur ordinaire.
Le Séminariste considérera son Directeur spirituel comme son compagnon sur la route de la perfection chrétienne et son guide dans la recherche du Christ qui l’appelle à un service spécial dans son Eglise. Pour lui, il n’aura pas de secret : la réussite de sa vie spirituelle, la lucidité et la liberté de sa réponse au Christ sont à ce prix. Aidé de son Père spirituel, il apprendra courageusement à se renoncer, à prendre sa croix pour mourir à ses vues purement humaines, à sa volonté, et à suivre Jésus qui n’a d’autre souci que d’accomplir la volonté du père. Il ne se dérobera pas dans les exigences de la vie évangélique, assuré qu’elles lui procureront la victoire dans la liberté et dans la joie.
Pour le sacrement de la réconciliation, il est souhaitable que chaque Séminariste adopte un rythme régulier (chaque mois par exemple), dans le but d’être toujours apte au service du Seigneur et de se conformer à ses exigences. Sans vouloir dispenser le Séminariste de prendre ses responsabilités, le Séminaire s’efforce à la fois d’organiser des cérémonies pénitentielles régulières et d’offrir la possibilité de confesseurs extraordinaires.
La lecture spirituelle, que le Père Supérieur (ou un autre père délégué) animera, se fera hebdomadairement aux Séminaristes réunis par année. Elle sera l’occasion de l’apprentissage d’un discernement spirituel de la vie du Séminaire et de tous les événements quels qu’ils soient. Elle sera toujours bien préparée par le responsable, pour être suivie avec fruit par les Séminaristes.
II/ LES RETRAITES ET RECOLLECTIONS
Au début et à la fin de l’année scolaire, au début des temps liturgiques, une récollection est organisée. Les retraites préparatoires aux ordinations et institutions sont également prévues… Ces temps privilégiés d’intimité avec le Seigneur seront particulièrement désirés et vécus avec disponibilité et ferveur.
A l’occasion de la retraite qui précède l’une ou l’autre étape du sacerdoce, le candidat approfondira spécialement le contenu spirituel de la démarche pour en vivre concrètement.
III/ LES ETAPES DE LA FORMATION :
La première de ces étapes est le rite d’Admission parmi les Candidats au Presbytérat. Elle se situe pour le Séminaire Paul VI, à la fin de la troisième année de Séminaire, au début des études proprement théologiques. L’Admis devra vivre plus généreusement sa réponse à l’appel du Seigneur en acquérant effectivement la compétence propre au service presbytéral et en développant en lui, la ferme disposition de suivre le Christ et son Eglise.
La deuxième c’est le lectorat, qui se situe dans le courant de la première année du cycle théologique. Le lecteur se nourrira avidement de la Parole de Dieu et se laissera former par Elle dans l’Esprit.
La troisième est l’Acolytat. Cette institution se confèrera en deuxième année du cycle Théologique. Institué pour le service de l’Eucharistie, l’Acolyte témoignera un amour vrai pour le Saint Sacrement et pour le Corps du Christ, qui est le Peuple de Dieu, surtout pour les malades et les pauvres.
La quatrième nous amène au Diaconat qui sera conféré au terme de la dernière année de théologie. Le Diacre vit de la spiritualité du serviteur, dont le zèle et les initiatives jaillissent continuellement de l’attachement et de la fidélité au Christ ainsi que de la soumission à son Evêque. Il doit alors exprimer sa maturité à tous les points de vue, en attendant qu’on lui confie la charge presbytérale.
CHAPITRE TROISIEME : LA FORMATION INTELLECTUELLE
La durée des études au Séminaire Universitaire Paul VI est de six ans, hormis l’année du stage pastoral : trois ans de philosophie et trois ans de théologie.
Cette formation intellectuelle est assurée par l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest qui dispense un enseignement répondant aux soucis et aux aspirations des évêques de la CERAO.
I/ LA FORMATION PHILOSOPHIQUE :
La formation Philosophique s’étend sur trois (3) ans et est sanctionnée par les Diplômes du DEUG et de la Licence. Elle répond au souci ecclésial de la formation des formateurs de la foi, la complémentarité de la Philosophie et de la Théologie ayant toujours marqué l’Histoire de la formation intégrale de l’Homme dans l’Eglise. Le Pape Jean-Paul II ne le souligne t-il pas quand il dit : « La Foi et La Raison sont comme deux ailes qui permettent à l’esprit humain de s’élever vers la contemplation de la vérité » (Fides et Ratio).
Elle vise d’une part
à donner aux étudiants une solide culture philosophique par une bonne maîtrise de l’histoire de la philosophie et la connaissance des grands courants philosophiques actuels,
-à lui faire acquérir un habitus critique par une méthode d’analyse rigoureuse et de synthèse la plus objective possible,
-à le sensibiliser à la problématique existentielle de la société africaine d’aujourd’hui pour y porter un regard critique eu égard à son passé et à son devenir.
D’autre part, elle voudrait répondre à l’appel de l’Eglise qui se systématise à travers celle de Jean Paul II dans son Encyclique Fides et Ratio : « Retrouver dans les sillages d’une tradition philosophique constante et valable, les qualités de Sagesse authentique et de Vérité, y compris métaphysique de la pensée philosophique… (Éclairer) les divers champs de l’activité humaine par l’exercice d’une raison qui se fait d’autant plus sûre et perspicace qu’elle reçoit le soutien de la foi. »(Fides et Ratio n°106).
II/ LA FORMATION THEOLOGIQUE :
La formation Théologique s’étend sur trois (3) ans. Elle a pour objectif de promouvoir la recherche théologique en vue d’incarner et approfondir le message évangélique en terre africaine, à travers les cours, les séminaires et les travaux pratiques.
Elle valorise les élaborations théologiques où les dimensions biblique, dogmatique, patristique, historique, liturgique, pastorale, spirituelle sont en lien avec les données des sciences humaines.
Elle a pour souci de former des théologiens capables d’enraciner et de mûrir la bonne nouvelle du Salut dans la réalité africaine.
Ce premier cycle est organisé de telle sorte que les étudiants aient une formation théologique unifiée et complète, qui embrasse tout le contenu de la doctrine catholique.
L’enseignement académique s’articule autour de trois axes, qui tentent de distinguer les différentes matières, pour mieux les unir dans un effort de recherche et de réflexion plus organisé.
D’abord, les cours d’initiation introduisent l’étudiant à la réflexion théologique.
Ensuite, les cours fondamentaux posent les fondements théologiques, susceptibles d’aider à approfondir, en référence essentielle à la réalité africaine et à certaines questions spécifiques.
Et enfin les travaux de recherche permettent à l’étudiant d’apprendre concrètement des investigations qui engagent à une pratique théologique immédiate.
L’étude des langues bibliques s’étend sur deux années, elles constituent un instrument d’investigation de la parole de Dieu en vue de sa fidèle interprétation dans les langues africaines.
La troisième année est consacrée à l’approfondissement de la réflexion théologique en lien avec les réalités africaines des matières principales déjà étudiées et à la rédaction d’un mémoire en vue du Bac Théologique. En troisième année, on pose explicitement la problématique de l’inculturation et dans la recherche et dans les applications pastorales.
-Les Séminaristes n’oublieront cependant pas que
toute cette masse d’informations intellectuelles leur sera inutile s’ils ne cherchent pas, dès la première année, à se doter d’une solide méthode de travail personnel, qui leur permettra d’aller droit à l’essentiel pour l’assimiler en profondeur.
-Grâce au contact assidu avec les professeurs ils
apprendront à organiser et à utiliser au mieux leur temps pour maîtriser leur travail. L’assimilation intellectuelle dont dépend l’essentiel des convictions humaines et spirituelles qui les soutiendront toute leur vie, demande du temps et beaucoup de temps, aussi auront-ils soin de demeurer sur place, de façon stable et permanente. Qu’ils sachent profiter des temps libres pour se mettre à jour ou approfondir tel ou tel aspect de leur formation.
Par le silence, chacun s’ingéniera à créer le climat favorable au travail intellectuel, il sera méticuleusement gardé dans les chambres, lieux de travail et de repos, et non de recréation.
Une bonne méthode de travail intellectuel suppose aussi une bonne manière de se détendre l’esprit pour l’aérer et le rendre plus réceptif encore. C’est pourquoi le sport a sa place dans l’horaire et que chaque Séminariste est invité à pratiquer telle ou telle discipline. C’est une nécessité de sortir de sa chambre pour prendre de l’air. Il y a un temps pour étudier, il y a un temps pour dormir. Il y a un temps pour jouer : voilà la bonne méthode.
CHAPITRE QUATRIEME : LA FORMATION PASTORALE
I/ LES ACTIVITES PASTORALES ORDINAIRES
- L’un des soucis des Grand Séminaire de Côte d’Ivoire est
de donner aux Séminaristes une formation pastorale aussi complète que possible. Formation à la fois théorique et pratique. En effet, il ne suffit pas aux Séminaristes de s’exercer de façon théorique à l’art de l’apostolat. Il est absolument nécessaire qu’il y ait la pratique sur le terrain. C’est pourquoi une fois par semaine, les Séminaristes vont poursuivre leur formation pastorale dans les paroisses d’Abidjan.:
-Ces activités qui ne devront jamais être considérées comme un passe temps, ou des occasions d’évasion, devront être exercées METHODIQUEMENT sous la conduite et le CONTROLE PERMANENT du responsable de la paroisse ou de l’aumônier.
-Les Séminaristes s’engagent dans ces activités en vue de se former, d’où la nécessité d’une entière disponibilité à la formation, qualité première de tout disciple. Les Séminaristes considéreront les activités pastorales comme lieu privilégié d’écoute des autres, et de dialogue, et comme une école de formation pastorale qui leur permettra de toucher du doigt les problèmes de notre monde à évangéliser. Ils devront mettre ces moments à profit pour développer leurs aptitudes d’ouverture au monde.
-Ces activités seront préparées avec soin. Aussi, un temps est-il aménagé à cette fin. Il est à utiliser pleinement par chaque groupe qui mettra son point d’honneur à soigner son enseignement, à parfaire ses rencontres, ses réunions.
Pour ce faire, les Séminaristes se retrouveront par groupe :
- Première année de catéchisme
- Deuxième année de catéchisme
- Troisième année de catéchisme
- Quatrième année de catéchisme
- Apostolat dans les prisons
- Apostolat dans les hôpitaux
- Aumônerie des Mouvements d’Action Catholique.
Les prêtres responsables de la formation pastorale au Grand
Séminaire superviseront l’ensemble des groupes et les aideront à réfléchir sur ce qui est fait et sur ce qui reste à faire. Ils sauront prendre des initiatives qui favoriseront les échanges avec les curés de paroisses et l’harmonie dans le travail et la formation des Séminaristes.
Dans leurs rencontres avec les curés de paroisse et les pères responsables de la formation pastorale, les Séminaristes spontanément rendront compte de leur mission, souligneront les difficultés rencontrées exposeront les succès et feront des suggestions qui seront entièrement laissées à l’appréciation des responsables .Ils devront prendre conseil auprès des responsables de paroisse avant d’entreprendre quoi que ce soit (création d’un groupe ; visites aux paroissiens ; etc.) Il va sans dire que toutes ces activités ne porteront des fruits véritables que si elles sont accomplies dans un esprit de foi et portées dans la prière.
II/ LE STAGE PASTORAL :
SORTIR DELIBEREMENT, OU PAR INSOUCIANCE, OU PAR PARESSE DE L’ESPRIT QUI ANIME CE CHAPITRE SUR LA PASTORALE C’EST EXPRIMER SON DESIR ET SA VOLONTE DE CHANGER D’ORIENTATION.
CHAPITRE CINQUIEME : AU SERVICE DE LA VIE MATERIELLE QUOTIDIENNE
Pour s’occuper de la vie matérielle du Séminaire, l’Archevêque d’Abidjan nomme un économe. Il a la responsabilité globale de la vie matérielle de la Maison et gère les fonds mis à sa disposition.
Les Séminaristes verront aussi dans l’Econome un frère chargé de les aider à prendre effectivement leur part de responsabilité dans la vie matérielle de la Maison, dans le domaine de l’entretien et de la production. Ainsi, en toute simplicité, ils accompliront tous les travaux d’entretien du matériel, du mobilier et de la maison elle-même ; ils la maintiendront dans un état continuel de propreté. Ils s’occuperont spontanément du blanchissage de leurs propres linges. Ils considéreront de ce fait le travail manuel comme un moyen privilégié pour participer activement et dignement à la vie d’une maison qui n’a en propre d’autres ressources que les bras de ses fils. Cette prise en main de la vie matérielle de la maison par les Séminaristes, pourra conduire certains d’entre eux à entreprendre et mener à bien des travaux de production de denrées alimentaires par exemple. Négliger habituellement le travail manuel peut être considéré comme un manque de sens du bien commun et un signe assez évident d’une vocation douteuse.